Les chroniques quasi-quotidiennes d'une technicienne d'études

Comment bosser dans un milieu d'hommes sans perdre la boule ...

26 mai 2008

Palme d'or 2008

Le festival de Cannes ... En quoi cela peut-il intéresser une technicienne d'études ? En rien. Rien de rien. Sauf ...



Sauf cette année, où la palme d'or a été décernée au film "Entre les murs", film français de Laurent CANTET.
Evidemment, je n'ai pas vu ce film, ni aucun autre de la sélection de Cannes. Alors pourquoi diable vais-je vous bassiner avec ça ? Suivez bien, vous allez comprendre ce qui se passe dans le cerveau d'un dessinateur-projeteur (nostalgie inside)... :

"Entre les murs" est le" récit d'une année scolaire vue à travers les cours de français d'une classe de quatrième d'un collège parisien (...) à la fois scrupuleusement fidèle à la réalité et puissamment dramatique. Il appartient à cette minorité de films français qui affronte directement la réalité contemporaine." dixit le journal "Le Monde". Or, il se trouve que ce film est tiré d'un livre de François Bégaudeau. Oui, ça m'en secoue l'une sans bouger l'autre, direz-vous. C'est ce que j'aurai dit aussi, au premier abord, si je n'avais pas reçu ce mail, aujourd'hui vers midi, de la part de l'ami de l'Homme :


"Et oui toi aussi qui joue dans un petit groupe punk, peut-être que dans 10 ans tu monteras les marches de Cannes pour aller chercher ta Palme d'Or.
Pour François Bégaudeau dont l'adaptation de son livre "Entre les murs" (où il est aussi le principal acteur) vient de recevoir

la Palme

, c'est ce qui s'est passé.

C'est con, Zabriskie Point, c'était excellent, niveau zique, et surtout paroles. "

Vous l'aurez deviné, l'ami en question considère l'acte de Mr Bégaudeau comme une trahison.Vous l'aurez également deviné, si ce mail m'était adressé,ce n'était pas pour rien.
Et oui, j'ai tous les albums de Zabriskie Point (vous comprenez par la même occasion l'origine de mon pseudo, hein ?). Il y a 10 ans (Oulà ! Ces derniers mots font très mal !!), c'était un groupe que j'aimais particulièrement.
Vous voulez en savoir plus sur François Bégaudeau ? c'est par ici. Vous voulez connaître un peu plus Zabriskie Point (le groupe, pas le film), c'est par ici. Ce dernier site ne casse pas des briques, et je crois que ça fait un bout de temps qu'il n'a pas été mis à jour (ça faisait aussi un bout de temps que je n'y avais pas mis les pieds), mis son contenu vaut de l'or ! Venez donc lire quelques paroles.

entre_les_murs

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19 mai 2008

Alix, ça glix (pas)

Oui, je sais, ça, c'est du jeu de mots pitoyable. Je suis à bonne école, avec Hervé-boute-en-train comme professeur ...

La miss Alix, ce jour, n'était pas dans ses meilleurs jours. C'est de plus en plus fréquent, en ce moment. Elle arrive, soupe à la grimace, elle bosse, soupe à la grimace, elle repart, soupe à la grimace. Même en faisant le café, c'est soupe à la grimace !

Ce matin, Alix est arrivée à l'heure, dans sa petite voiture. 8h31. Ok, on commence à 8h30. Mais par rapport à ses habituels 8h35, 8h40, 8h45, là, on peut dire qu'elle était à l'heure !

8h31 ce matin donc, j'entends des crissements de semelle sur le sol PVC, suivis d'une voix familière dans le bureau des Dupondts. Alix est là ! Toute contente, prête à sortir ma vanne à deux balles du matin...
Moi ( à la cantonade) : "Ooooh !!! Super !!! Alix, t'as réussi à dégivrer ta voiture, ce matin !!!!"
Alix :"Merde ! Commence pas à me faire chier, chuis pas d'humeur" (ou un truc dans le genre)

Vanne tombée à l'eau.

Heureusement, pour compenser, Yves était d'excellente humeur, il a passé une bonne demi-heure à me raconter sa vie.  Mais bon, je préfère quand même celle d'Alix.

alice__a_glisse

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06 mai 2008

La Diva Cup

Depuis longtemps, j’avais une Diva Cup qui traînait dans mon placard. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, je vous invite à jeter un coup d’œil ici : www.divacup.com/fr.
Je n’avais jamais vraiment compris comment l’utiliser. Et puis, un jour, je ressors la Cup du placard et, à force d’acharnement, j’ai enfin pris le coup de main. Toute contente, je retourne au travail munie de ma trouvaille.

Je ne pouvais pas garder la nouvelle pour moi ! Enjouée, j’explique ma victoire à la première collègue qui passe : Cathy. J’explique tous les avantages, économiques, écologiques, pratiques, de santé. Je lui explique qu’il en existe plusieurs, Moon Cup, Diva Cup, Luna Cup. Je vends si bien le truc que Cathy décide de s’en acheter une. Ravie de convaincre ma collègue, je renouvelle mes explications à Alix, mais cette fois-ci, mon nouvel « accessoire » n’a pas le même succès. Alix m’écoute poliment, et finit par me dire : « Heuuuu … bof. »

Le vendredi midi, Alix, Cathy et moi partons parfois manger ensemble. Une fois, honte à moi, nous sommes allées chez Mc Donald. Peu de temps après cette histoire de Cup, un soir, alors que je passe dans le bureau d’Alix, Cathy, Angèle et Fred :
Cathy : - Hé les filles, faut qu’on se refasse une bouffe !
Moi : - Oui mais pas Mc Do, cette fois !
Alix : - On pourrait aller chez Quick, cette fois-ci, pour comparer !
Cathy (à Fred) : - Ludi n’était pas allée à Mc Do depuis 4 ans ! Elle ne savait même pas que les Sundaes au chocolat existent encore !
Alix : - Par contre Ludi, ne demande pas un Sundae là-bas, ça n’existe pas !
Moi (déçue) : - Ha bon, ils font pas de glace ?
Alix : - Si, mais ça s’appelle pas comme ça. Ca s’appelle un « Softy Cup ».

Morte de rire !!! Alix et Cathy ne percutent pas tout de suite, et Fred me regarde, interloqué. Il ne m’a jamais vue rire aussi fort, et surtout aussi bêtement ! Je finis par me traîner – à quatre pattes tellement je riais - jusqu’au bureau de Cathy, j’attrape un stylo, une feuille et, toujours à quatre pattes, j’essaye d’écrire ce qui me fait rire …. :

Diva Cup.

Je ne suis pas sûre qu’un jour, j’oserai commander une glace chez Quick !

sundae


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28 avril 2008

Girls powaaaaa !

C'est le comble pour un bureau d'études rempli de vieux machistes...

Fred a fait son dernier jour pendant mes vacances. C'est honteux ! Tout ça pour ne point avoir à me faire la bise ! Je suis vexée à un point ... Enfin, bref, Fred n'est plus là.
Juste avant mes vacances, une nouvelle est arrivée : Nathalie, ingénieure VRD. C'est elle, la fille si bien d'après Angèle ... Il semblerait d'ailleurs qu'Angèle ne se soit pas trompée. Mais ça, je vous en parlerai un peu plus quand j'aurai cerné la bête. Là, elle est encore un peu sage.
Pendant mes vacances, la remplaçante de Cathy est arrivée : Séverine.

Récapitulons, donc :

Hervé, Yves, Robert, Pascal d'un côté, Chantal, Alix, Angèle, Nathalie, Séverine et moi-même de l'autre. Y'en a qui auront tout intérêt à se tenir à carreau ...

Vendredi dernier, la pause-repas a été l'occasion de se connaître un peu mieux. Hormis Séverine, qui n'a pas voulu nous accompagner car elle avait trop de boulot, toutes les jeunettes, ainsi qu'Alix (mais non Alix, tu n'es pas vieille !), ont fait la route à pied (5 minutes de marche, dur !) pour aller manger à la cafétéria d'à côté. Ce fut l'occasion d'expliquer un peu à nos nouvelles dans quelle famille de dingues elles étaient tombées. Oui, j'écris sciemment "famille", car nos vieux de la vieille semblent parfois se croire chez eux. Les nouvelles ont appris entre-autre :
- Que Yves ne verrouille pas la porte lorsqu'il va au toilettes, et surtout qu'il ne se lave jamais les mains après,
- Qu'Hervé se gratte le nez en me parlant, et ceci sans aucun complexe,
- Que Pascal se cure les oreilles avec les bouchons de bic en pleine réunion,
- Que Robert s'enferme aux WC pour lire le journal.

C'est pire que dans Loft Story !!!

Cela dit, les choses vont changer. Les derniers(ères) recrutés(ées) vont apprendre les bonnes manières à leurs anciens ! Et nos pauvres hommes risquent bien de se retrouver bientôt plus mal à l'aise que chez eux. "T'as vu Yves, on a mis un nouveau savon dans les sanitaires ...", "Hervé, tu veux mon doigt ?", "Non, c'est bon, je vais chercher mon stylo dans la voiture, il a l'intérêt d'être propre.", "Robeeert ! Tu ne compte pas te torcher avec, après ?!!"

Bonne humeur, piplettage (commérage ?), fous-rires, brioche avec le café VS gueule du lundi matin, rires gras, pets malodorants et pas de café du tout.

Et attention, après avoir pris leurs marques, les gonzesses pourraient bien se rebeller. Ca commence par noter tous ses déplacement avec véhicule perso sur la note de frais, et un jour ça refuse de faire des heures supp ...

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12 avril 2008

L'auteure ...

A ma demande, l'une de mes collègues (enfin, ex-collègues) a préparé un petit portrait de votre serviteur (serviteuse). J'ai vu qu'elle l'avait posté en commentaire, mais je vous le publie ici :

"Parlons un peu de Ludi !!
Ludi: 28 ans, mariée avec un gland de France Telecom (d'après Robert!), elle a une magnifique belle petite fille, qui j'espère sera mieux se tenir que sa mère !!
Car ludi n'arrête pas de raconter des conneries a longueur de journée !! c'est une fille excellente qui me manque pas mal !! (avec l'autre saucisse de Alix bien sur- yen a pas une sans l'autre !!!) Elle est super cool, toujours de bonne humeur !! son problème ? les tocs !! ne dérangez surtout pas ses stabilos !!! et surtout ne critiquez pas son chat sans poil sinon vous êtes foutu !!!
bisou bisou !!"

Merci Cathy !

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07 avril 2008

Jo le bourrin

Robert a une capacité étonnante à ignorer totalement les personnes qui ne l’intéressent pas. Souvent, lorsqu’il arrive au bureau, il dit bonjour aux premières personnes qu’il croise, jusqu’à Angèle, puis reste avec sa protégée une bonne heure à discuter dossiers. Une fois le débriefing fait, il va un peu plus loin dans le bureau pour saluer Hervé et Yves. Un jour sur deux, ça doit être son jour de sport, il va jusqu’au bout du bureau et vient me dire bonjour. Enfin, dire bonjour, presque ! En fait, il me tend la main sans rien dire, la serre, puis s’en va. Il paraît qu’il fait pareil à Alix, il lui sert la main sans même la regarder,  parfois même en discutant avec quelqu’un d’autre.

Récemment, j’avais trouvé un nouveau jeu : Je faisais comme lui : Je tendais la main sans quitter mon écran des yeux. C’était très drôle. Il a dû remarquer la différence car rapidement il s’est mis à prononcer le mot « bonjour » tous les matins. Fière de mon résultat, j’ai décidé de « lever la punition » et de recommencer à parler, moi aussi.

Mais chez le bourrin âgé, si vous chassez le naturel, il revient au galop ! Un matin, il a commencé son tour à 9h30. A 10h, alors que j’étais sur le poste Internet à envoyer un mail, il arrive derrière moi et me dit :  « T’en as pour longtemps ? ». Ni bonjour, ni merde. J’ai décidé d’appliquer à nouveau ma punition, mais plus longtemps cette fois !

Mr_malpoli

 

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28 mars 2008

Recrutement (1)

Je mets un petit (1) à mon titre car quelque chose me dit qu'il va y avoir un certain nombre de messages sur le recrutement ... Chais pas, l'instinct ... D'autant que Cathy nous a quitté hier soir (vendue, va !) et que Fred ne va pas tarder (lâcheur !).

Hier donc, un entretien avec Robert pour un poste d'hydraulicien. Hydraulicienne, en l'occurrence. Voici donc Robert le dur, en fin d'après-midi, toujours affublé de son pantalon trop court, mais au caractère singulièrement adouci, enfermé dans le bocal-salle de réunion avec une jeune demoiselle. Au bout d'une heure, le voilà qui ressort, puis re-rentre suivi par Angèle, puis laisse les 2 gonzesses toutes seules. C'est justement à ce moment-là que je passe devant la salle (et donc derrière Alix).
Moi (chuchotant à Alix ) : "Tiens, elle s'occupe du recrutement, maintenant ?"
Alix :"Ouais, on aura tout vu."
J'entends Fred râler au loin, sans comprendre ce qu'il dit. Mais j'imagine aisément à quel point il est ravi du traitement de faveur appliqué à sa collègue, vu comme lui, est traité comme un chien par Robert !
Moi : "Dans 3 mois, elle a des parts dans la boite ?"

Plus tard, il parait qu'Angèle est sortie du bocal ravie et a chuchoté à Fred, Cathy et Alix :"Elle est bien !"

Encore plus tard, Robert a fait faire le tour des bureaux à celle qui deviendra dans 8 jours notre nouvelle collègue. Evidemment, je ne manquerai pas de vous faire un portrait de la belle dès que je l'aurai cernée un peu. Espérons qu'elle soit plus marrante qu'Angèle, afin de combler la perte de notre boute-en-train, Cathy la regrettée.

Pendant ce temps, Pascal a momentanément laissé tomber le recrutement d'un thermicien. L'annonce traine depuis trop longtemps et n'est certainement plus pris au sérieux.On remettra les annonces vers Mai-Juin, quand des p'tits jeunôts seront sortis de l'école. Au passage, c'est amusant de voir cette décision prise par Pascal, une journée seulement après que j'ai fait exactement la remarque suivante à Chantal "L'annonce traine depuis trop longtemps et n'est certainement plus pris au sérieux. Moi quand je cherchais du boulot, j'évitais soigneusement les annonces de plus de 5 mois." Vous avez donc ici un exemple flagrant de comment une femme fait prendre une décision à un homme, tout en faisant croire que c'est l'homme qui l'a prise tout seul : Je fais une réflexion à Chantal qui en parle à Pascal et en deux temps trois mouvements, hop ! Il s'approprie l'idée et l'applique ! Si j'avais voulu, j'aurai pas mieux fait ! Encore un effort et d'ici quelques années je deviendrais calculatrice et manipulatrice hors pair !


RecrutementADQ

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20 mars 2008

Le traceur

Ne croyez pas que le travail dans un bureau soit toujours calme et sans contraintes. Certes, le technicien d’études ne passe pas ses journées dans les bouchons, sur un escabeau, sur un transpalette ou dans un baudrier sur une toiture, mais ses risques d’accidents du travail, et surtout de crises de nerf, restent élevés.

On va oublier pour l’instant les entailles de doigts à grand coup de feuilles blanches et les piercings involontaires à l’agrafeuse grand format, pour aborder un sujet plus grave : L’impression de documents.

J’ai commencé à comprendre la réalité du problème il y a quelques années, alors que j’effectuais une mission d’assistante pour de la frappe de documents : Imprimantes, photocopieuses et autres cracheurs de feuilles noircies d’encre sont de véritables ennemies !

A la boîte, la photocopieuse a été changé peu de temps après mon arrivée. La précédente était une spécialiste du bourrage papier. Une fois par semaine, l’alerte bourrage retentissait jusque dans mes oreilles, à l’autre bout des locaux, suivie par des « schlang », « scrach » du pauvre « entarté » de la photocopieuse qui tentait vainement de récupérer le document original. La nouvelle photocopieuse ne fait pas beaucoup mieux. D’ailleurs, le mythique « Monsieur qui vient réparer la photocopieuse » commence à prendre ses marques dans nos locaux. Je reconnaîtrais sa silhouette entre mille, costume sombre, courbé au-dessus de la bête indomptable ! Quand je vois le nombre de fois où la photocopieuse est en rideau et que je compare à mes arrêts maladies, je me dis que Pascal est gonflé de râler quand je m’absente pour une gastro. D’autant que moi, quand je suis malade, c’est pas la boîte qui paie le docteur !

C’est la raison pour laquelle j’évite soigneusement la photocopieuse. Je suis sûre qu’elle sent l’odeur du technicien stressé par la forte probabilité de perdre une bonne heure pour 3 copies. Au passage, cela explique pourquoi le technicien, alors qu’il bouge assez peu de sa chaise, a souvent des auréoles sous les bras.

Après la photocopieuse bourreuse de papier vient l’imprimante joueuse. Celle-ci a été changée récemment car son dernier truc était de jeter les feuilles imprimées à l’autre bout de la pièce. On aurait dit un de ces appareils qui crachent les balles sur les courts de tennis. C’était d’autant plus gênant que cette imprimante était installée dans l’Open Space, juste à côté de mon bureau. C’était presque si je ne sentais pas les courants d’air à chaque lancé de feuille.

Mais le pire ennemi du technicien, loin devant les photocopieuses et imprimantes (petites joueuses !), c’est :

LE TRACEUR. Le traceur est une ENORME imprimante. 1,70m de large, 1,1m de haut. Dans cet engin du diable, on ne met pas des feuilles, on met un rouleau entier de papier. Largeur du rouleau : 914 cm. Le changement de rouleau est LE moment de sport hebdomadaire pour le technicien.

Lorsque je suis arrivée à la boîte, il y avait un vieux traceur d’une bonne dizaine d’années, réparé déjà un nombre incalculable de fois. Le dernier drame en date a été sa grosse panne, justement la semaine où j’avais 23 plans à imprimer en 4 exemplaires chacun. Ca a commencé avec des claquements à chaque retour des têtes d’impression. Ensuite, le bruit s’est amplifié, amplifié, jusqu’au moment où … « CLAAAAAC » !!!

Yves (tournevis en mains) :  « P’tain, c’est le bordel ! Faut y arrêter avec ce traceur ! A chaque fois on le répare, ça nous coûte les yeux de la tête, et ça claque ailleurs un an plus tard. »

Moi : « Je vous avais bien dit qu’il allait pèter, ce machin ! Ca fait 3 mois que je vous dis qu’il faut le changer AVANT ce dossier. »

Ouverture du capot, dévissage, lampe de poche et observation par le réparateur en herbe.

Yves : «  C’est un pignon. Il a du s’user en même temps que la courroie qu’on a changé l’année dernière. Cette fois c’est pas la peine de réparer, on ne trouvera plus les pièces. »

Moi (intérieurement « Ouaiiiis ! On va enfin virer ce vieux machin merdique ! »  ) : «  Pffff… va falloir changer alors. »

Yves : « Oui, on a plus le choix. »

Moi (intérieurement : « Ouuuuiiiii ! Youpiiiii ! C’est la fêteeeeuh ! ») : « Ben on va changer alors … tant pis. »

Une semaine plus tard, mon nouvel ennemi arrive. Encore plus gros que le précédent, il dépasse de son emplacement et gène l’accès au bureau de Hervé et Yves. Ravie de mon nouveau jouet, je finis enfin d’imprimer mes 92 plans.

La prochaine fois que je m’emballe pour un nouvel outil de travail, rappelez-moi l’épisode du nouveau traceur ! Il y a eu l’impression vitesse lente (un plan, 20 minutes), l’impression monochrome ( d’immenses bandes moires au milieu de mes plans), la tête d’impression qui lâche au bout de 9 mois, et j’attends les prochaines crasses que cette teigne de traceur va me faire dans les prochaines années.

500designjet

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12 mars 2008

La journée qui passe pas vite

Y'a des jours comme ça où vous n'avez pas grand-chose à faire.
Justement, avant-hier j'étais bloquée sur un dossier, en attendant de pouvoir faire le point avec Hervé et Yves qui étaient bien occupés. Surtout Hervé qui a toujours mieux à faire qu'une réunion avec Yves et moi, alors qu'il suffit d'attendre que je fasse les plans et les dossiers faux pour qu'il me dise :"Haaaaaaa mais non ! C'était pas ça qu'il fallait faire ! Mais si !!! J'te l'avais dit !!!"

Bref, en attendant de pouvoir faire le point sur ce gros dossier de rénovation, assez complexe je dois dire, j'ai pris des plans photocopiés au format A3, et j'ai entrepris, avec l'accord d'Yves, de colorier les zones où l'on faisait quelque chose (oui, c'est bien de prendre des initiatives, mais jamais sans l'accord d'un chef, sinon ça te retombe méchamment dessus).

Et on commence avec le carrelage. 2 feutres en main, l'un pour le carrelage collé, l'autre pour le carrelage scellé, je commence à regarder quoi va où. Ha oui. L'ennui, c'est que sans faire le point avec mes deux compères, j'peux point savoir où qu'il est, le carrelage scellé. Je décide donc de passer au vert fluo toutes les pièces qui seront carrelées tout court. Quelques minutes plus tard, mon plan est à moitié vert. J'ai fini. Je vais boire un verre d'eau pour faire passer le temps.

2ème plan : Les portes intérieures. Ouuuuulàààààà ! Ca se corse, c'est là qu'intervient le talent de la technicienne d'études ! Il va me falloir 6 couleurs au moins, vu les types de portes ... Standard, coupe-feu, acoustique, résistante à l'eau, avec ferme-porte, avec oculus ... Tiens, au passage, je remarque que depuis que la boîte existe, ils ont toujours écrit "occulus" avec 2 C. Je vais chercher le dico derrière le bureau d'Alix ... J'avais raison, ça s'écrit avec un C. Je suis trop forte en orthographe !! Pas eux, par contre.
Ha tiens ! Je viens de passer 10 minutes sur cette réflexion ! Super, je devrais réussir à tirer comme ça jusqu'à la prochaine pause pipi !

Bref, revenons à mes portes ... Les Stabilos, c'est trop gros, on ne verra même plus mes portes avec ça ! Je range soigneusement mes fluos en faisant un joli dégradé de couleurs dans la boîte. On dirait un arc-en-ciel. Je fais toujours ça, c'est mon toc. En plus, Cathy me les a tous dérangés ce matin, c'est sympa, ça me donne 1m30 de travail supplémentaire. Je sors mes feutres et passe en revue toutes mes portes.
Une demi-heure et quelques traits colorés plus tard, je me recule pour juger de mon effet sur mon super plan. Je suis satisfaite. Allez hop ! Plan suivant !

Heuuuu... Faux-plafonds. On va sortir les crayons de couleur, ça sera plus joli. Je range mes feutres en arc-en-ciel. Cathy passe par là et observe mon petit manège. On papote un peu (10 minutes de passées), elle se marre devant mes feutres bien rangés, puis devant mes fluos qu'elle vient de remarquer. Ca y est, ma réputation de psycho-rigide est faite. Bof, au point où j'en suis !

Y'a pas énormément de types de faux-plafonds différents, alors je les trie aussi par dimensions. En 60x60, en 60x120, hygiène ou standard, en acoustique ... Je fais chaque pièce consciencieusement. Tiens, tout ça me rappelle le collège, quand on coloriait la Russie pour je-ne-sais-plus quoi. J'avais des grandes surfaces à colorier, c'était dur de faire quelque chose de joli, sans qu'on voit les traces de crayon.
C'est toujours aussi dur. Fichu local, c'est trop grand à colorier ! Allez, un petit coup dans l'autre sens ... Et un dernier en partant d'en bas ...
Voilà, c'est présentable, comme ça.
Tiens, il est 16h00 ! J'ai fais la moitié de la journée, j'ai le droit d'aller faire pipi. Pas trop vite, le pipi. Je vais en profiter pour bien me laver les mains. Et mettre de la crème, aussi ! Et me servir un verre d'eau, le médecin a dit qu'il fallait que je boive un peu plus. 5 minutes de passées.

Bon, il me reste quoi à faire, là ? Ha oui, les murs ! Allez, on va panacher. Feutre, c'est de la faïence, crayon de couleur, c'est de la peinture. Voyons l'avant-projet ... Tiens, Hervé n'a quasiment pas mis de peinture glycéro ... un sursaut écolo ? Une prise de conscience ? Finalement il n'est pas pollueur indécrottable ... Tu vas voir que si je lui en parle, il va me répondre qu'il a toujours fait comme ça !
Ha, Angèle revient de suivi de chantier ! Elle va se faire un thé. Je me lève et vais discuter avec elle pendant qu'elle se sert. Puis tiens ! Je vais me faire un thé, moi aussi ! Ca caille aujourd'hui ! 7 minutes de passées.
Il est 17h15. Mon thé à la menthe à mon bureau, je continue mon barbouillage. Yves arrive. On commence à papoter. Voilà que Pascal arrive, maintenant ! Il n'aurait pas pû venir m'occuper avant ???!!!! Ca fait 4h que je m'ennuie !!!!

18h. Ca y est, on y est. J'attends encore 5 minutes, histoire de ne pas être la première à partir. Cathy vient me dire au revoir. Ca y est, je peux commencer à fermer mon bureau. Je range mes crayons de couleur en arc-en-ciel en pensant à Cathy.

18h15. Je suis dans ma voiture... enfin... Des journée comme ça, c'est pire que quand t'as trop de boulot.

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02 mars 2008

Le CDI le plus court de l'histoire de la boîte

On recrute souvent dans cette boîte. Non pas qu’on ait toujours plus de boulot, même si on en a beaucoup, mais curieusement, les jeunes ne restent jamais. Justement, en ce moment, le poste d’Ingénieur Thermicien est vacant, si ça intéresse quelqu’un …

En Septembre de l’année dernière, un nouveau est arrivé, tout frais sorti de l’école d’ingé. Sébastien. Très mince, sportif, bouclettes châtain indomptables, Sébastien était particulièrement dynamique. Limite jeune chien fou. Parfois, c’était même fatiguant, surtout pour Alix, insomniaque chronique que les nuits fractionnées rendent souvent morose. Quand j’étais avec les deux, j’avais l’impression d’avoir Jean-qui-rit à gauche et Jean-qui-pleure à droite !

Hervé reçoit beaucoup de commerciaux qui l'emmènent au resto - "Moi aussi plus tard, je veux que les commerciaux m'emmènent au resto."

Hervé fait du suivi de chantier - "Moi aussi plus tard, je veux être souvent sur les routes pour faire du suivi de chantier."

Hervé a formé une jeune stagiaire l'été dernier - "Moi plus tard, je ne laisserai pas tomber mes stagiaires, je leur apprendrai plein de trucs !"

Hervé était le modèle de Sébastien. Pendant un mois et demi, j'ai entendu Sébastien s'extasier sur le boulot d'Hervé. J'avais parfois l'impression que mon collègue était un tout petit garçon :" Moi quand j'serai grand, j'serai pompier !" Enjoué, travailleur, au moins, on ne pouvait pas dire que Sébastien n'aimait pas son travail ! Et pourtant ... Au bout d'un moment, je n'ai plus entendu d'éloges sur Hervé et son boulot. Sur le coup, je n'ai pas fait plus attention que ça. Jusqu'au soir où Angèle, en passant, me dit : "Alors, il parait que tu n'auras bientôt plus de collègue ?" Les bruits courent vite dans les bureaux, alors imaginez, quand les bureaux sont petits ...

Sébastien a quitté la boîte fin décembre, après environ 4 mois de contrat. Il a dit à Pascal que le travail ne lui plaisait pas, qu'il voulait bosser dans l'industrie. Personne ne comprendra jamais ce qui s'est réellement passé dans sa tête.

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