28 mars 2008
Recrutement (1)
Je mets un petit (1) à mon titre car quelque chose me dit qu'il va y avoir un certain nombre de messages sur le recrutement ... Chais pas, l'instinct ... D'autant que Cathy nous a quitté hier soir (vendue, va !) et que Fred ne va pas tarder (lâcheur !).
Hier donc, un entretien avec Robert pour un poste d'hydraulicien. Hydraulicienne, en l'occurrence. Voici donc Robert le dur, en fin d'après-midi, toujours affublé de son pantalon trop court, mais au caractère singulièrement adouci, enfermé dans le bocal-salle de réunion avec une jeune demoiselle. Au bout d'une heure, le voilà qui ressort, puis re-rentre suivi par Angèle, puis laisse les 2 gonzesses toutes seules. C'est justement à ce moment-là que je passe devant la salle (et donc derrière Alix).
Moi (chuchotant à Alix ) : "Tiens, elle s'occupe du recrutement, maintenant ?"
Alix :"Ouais, on aura tout vu."
J'entends Fred râler au loin, sans comprendre ce qu'il dit. Mais j'imagine aisément à quel point il est ravi du traitement de faveur appliqué à sa collègue, vu comme lui, est traité comme un chien par Robert !
Moi : "Dans 3 mois, elle a des parts dans la boite ?"
Plus tard, il parait qu'Angèle est sortie du bocal ravie et a chuchoté à Fred, Cathy et Alix :"Elle est bien !"
Encore plus tard, Robert a fait faire le tour des bureaux à celle qui deviendra dans 8 jours notre nouvelle collègue. Evidemment, je ne manquerai pas de vous faire un portrait de la belle dès que je l'aurai cernée un peu. Espérons qu'elle soit plus marrante qu'Angèle, afin de combler la perte de notre boute-en-train, Cathy la regrettée.
Pendant ce temps, Pascal a momentanément laissé tomber le recrutement d'un thermicien. L'annonce traine depuis trop longtemps et n'est certainement plus pris au sérieux.On remettra les annonces vers Mai-Juin, quand des p'tits jeunôts seront sortis de l'école. Au passage, c'est amusant de voir cette décision prise par Pascal, une journée seulement après que j'ai fait exactement la remarque suivante à Chantal "L'annonce traine depuis trop longtemps et n'est certainement plus pris au sérieux. Moi quand je cherchais du boulot, j'évitais soigneusement les annonces de plus de 5 mois." Vous avez donc ici un exemple flagrant de comment une femme fait prendre une décision à un homme, tout en faisant croire que c'est l'homme qui l'a prise tout seul : Je fais une réflexion à Chantal qui en parle à Pascal et en deux temps trois mouvements, hop ! Il s'approprie l'idée et l'applique ! Si j'avais voulu, j'aurai pas mieux fait ! Encore un effort et d'ici quelques années je deviendrais calculatrice et manipulatrice hors pair !
20 mars 2008
Le traceur
Ne croyez pas que le travail dans un bureau soit toujours calme et sans contraintes. Certes, le technicien d’études ne passe pas ses journées dans les bouchons, sur un escabeau, sur un transpalette ou dans un baudrier sur une toiture, mais ses risques d’accidents du travail, et surtout de crises de nerf, restent élevés.
On
va oublier pour l’instant les entailles de doigts à grand coup de feuilles
blanches et les piercings involontaires à l’agrafeuse grand format, pour
aborder un sujet plus grave : L’impression de documents.
J’ai
commencé à comprendre la réalité du problème il y a quelques années, alors que
j’effectuais une mission d’assistante pour de la frappe de documents :
Imprimantes, photocopieuses et autres cracheurs de feuilles noircies d’encre
sont de véritables ennemies !
A
la boîte, la photocopieuse a été changé peu de temps après mon arrivée. La
précédente était une spécialiste du bourrage papier. Une fois par semaine,
l’alerte bourrage retentissait jusque dans mes oreilles, à l’autre bout des
locaux, suivie par des « schlang », « scrach » du pauvre
« entarté » de la photocopieuse qui tentait vainement de récupérer le
document original. La nouvelle photocopieuse ne fait pas beaucoup mieux.
D’ailleurs, le mythique « Monsieur qui vient réparer la
photocopieuse » commence à prendre ses marques dans nos locaux. Je
reconnaîtrais sa silhouette entre mille, costume sombre, courbé au-dessus de la
bête indomptable ! Quand je vois le nombre de fois où la photocopieuse est
en rideau et que je compare à mes arrêts maladies, je me dis que Pascal est
gonflé de râler quand je m’absente pour une gastro. D’autant que moi, quand je
suis malade, c’est pas la boîte qui paie le docteur !
C’est
la raison pour laquelle j’évite soigneusement la photocopieuse. Je suis sûre
qu’elle sent l’odeur du technicien stressé par la forte probabilité de perdre
une bonne heure pour 3 copies. Au passage, cela explique pourquoi le
technicien, alors qu’il bouge assez peu de sa chaise, a souvent des auréoles
sous les bras.
Après
la photocopieuse bourreuse de papier vient l’imprimante joueuse. Celle-ci a été
changée récemment car son dernier truc était de jeter les feuilles imprimées à
l’autre bout de la pièce. On aurait dit un de ces appareils qui crachent les
balles sur les courts de tennis. C’était d’autant plus gênant que cette
imprimante était installée dans l’Open Space, juste à côté de mon bureau.
C’était presque si je ne sentais pas les courants d’air à chaque lancé de
feuille.
Mais
le pire ennemi du technicien, loin devant les photocopieuses et imprimantes
(petites joueuses !), c’est :
LE
TRACEUR. Le traceur est une ENORME imprimante. 1,70m de large, 1,1m de haut.
Dans cet engin du diable, on ne met pas des feuilles, on met un rouleau entier
de papier. Largeur du rouleau : 914 cm. Le changement de rouleau est LE
moment de sport hebdomadaire pour le technicien.
Lorsque
je suis arrivée à la boîte, il y avait un vieux traceur d’une bonne dizaine
d’années, réparé déjà un nombre incalculable de fois. Le dernier drame en date
a été sa grosse panne, justement la semaine où j’avais 23 plans à imprimer en 4
exemplaires chacun. Ca a commencé avec des claquements à chaque retour des
têtes d’impression. Ensuite, le bruit s’est amplifié, amplifié, jusqu’au moment
où … « CLAAAAAC » !!!
Yves
(tournevis en mains) : « P’tain, c’est le bordel ! Faut y
arrêter avec ce traceur ! A chaque fois on le répare, ça nous coûte les
yeux de la tête, et ça claque ailleurs un an plus tard. »
Moi :
« Je vous avais bien dit qu’il allait pèter, ce machin ! Ca fait 3
mois que je vous dis qu’il faut le changer AVANT ce dossier. »
Ouverture
du capot, dévissage, lampe de poche et observation par le réparateur en herbe.
Yves :
« C’est un pignon. Il a du s’user en même temps que la courroie qu’on a
changé l’année dernière. Cette fois c’est pas la peine de réparer, on ne
trouvera plus les pièces. »
Moi
(intérieurement « Ouaiiiis ! On va enfin virer ce vieux machin
merdique ! » ) :
« Pffff… va falloir changer alors. »
Yves :
« Oui, on a plus le choix. »
Moi
(intérieurement : « Ouuuuiiiii ! Youpiiiii ! C’est la
fêteeeeuh ! ») : « Ben on va changer alors … tant pis. »
Une
semaine plus tard, mon nouvel ennemi arrive. Encore plus gros que le précédent,
il dépasse de son emplacement et gène l’accès au bureau de Hervé et Yves. Ravie
de mon nouveau jouet, je finis enfin d’imprimer mes 92 plans.
La prochaine fois que je m’emballe pour un nouvel
outil de travail, rappelez-moi l’épisode du nouveau traceur ! Il y a eu
l’impression vitesse lente (un plan, 20 minutes), l’impression monochrome (
d’immenses bandes moires au milieu de mes plans), la tête d’impression qui lâche
au bout de 9 mois, et j’attends les prochaines crasses que cette teigne de
traceur va me faire dans les prochaines années.
12 mars 2008
La journée qui passe pas vite
Y'a des jours comme ça où vous n'avez pas grand-chose à faire.
Justement, avant-hier j'étais bloquée sur un dossier, en attendant de pouvoir faire le point avec Hervé et Yves qui étaient bien occupés. Surtout Hervé qui a toujours mieux à faire qu'une réunion avec Yves et moi, alors qu'il suffit d'attendre que je fasse les plans et les dossiers faux pour qu'il me dise :"Haaaaaaa mais non ! C'était pas ça qu'il fallait faire ! Mais si !!! J'te l'avais dit !!!"
Bref, en attendant de pouvoir faire le point sur ce gros dossier de rénovation, assez complexe je dois dire, j'ai pris des plans photocopiés au format A3, et j'ai entrepris, avec l'accord d'Yves, de colorier les zones où l'on faisait quelque chose (oui, c'est bien de prendre des initiatives, mais jamais sans l'accord d'un chef, sinon ça te retombe méchamment dessus).
Et on commence avec le carrelage. 2 feutres en main, l'un pour le carrelage collé, l'autre pour le carrelage scellé, je commence à regarder quoi va où. Ha oui. L'ennui, c'est que sans faire le point avec mes deux compères, j'peux point savoir où qu'il est, le carrelage scellé. Je décide donc de passer au vert fluo toutes les pièces qui seront carrelées tout court. Quelques minutes plus tard, mon plan est à moitié vert. J'ai fini. Je vais boire un verre d'eau pour faire passer le temps.
2ème plan : Les portes intérieures. Ouuuuulàààààà ! Ca se corse, c'est là qu'intervient le talent de la technicienne d'études ! Il va me falloir 6 couleurs au moins, vu les types de portes ... Standard, coupe-feu, acoustique, résistante à l'eau, avec ferme-porte, avec oculus ... Tiens, au passage, je remarque que depuis que la boîte existe, ils ont toujours écrit "occulus" avec 2 C. Je vais chercher le dico derrière le bureau d'Alix ... J'avais raison, ça s'écrit avec un C. Je suis trop forte en orthographe !! Pas eux, par contre.
Ha tiens ! Je viens de passer 10 minutes sur cette réflexion ! Super, je devrais réussir à tirer comme ça jusqu'à la prochaine pause pipi !
Bref, revenons à mes portes ... Les Stabilos, c'est trop gros, on ne verra même plus mes portes avec ça ! Je range soigneusement mes fluos en faisant un joli dégradé de couleurs dans la boîte. On dirait un arc-en-ciel. Je fais toujours ça, c'est mon toc. En plus, Cathy me les a tous dérangés ce matin, c'est sympa, ça me donne 1m30 de travail supplémentaire. Je sors mes feutres et passe en revue toutes mes portes.
Une demi-heure et quelques traits colorés plus tard, je me recule pour juger de mon effet sur mon super plan. Je suis satisfaite. Allez hop ! Plan suivant !
Heuuuu... Faux-plafonds. On va sortir les crayons de couleur, ça sera plus joli. Je range mes feutres en arc-en-ciel. Cathy passe par là et observe mon petit manège. On papote un peu (10 minutes de passées), elle se marre devant mes feutres bien rangés, puis devant mes fluos qu'elle vient de remarquer. Ca y est, ma réputation de psycho-rigide est faite. Bof, au point où j'en suis !
Y'a pas énormément de types de faux-plafonds différents, alors je les trie aussi par dimensions. En 60x60, en 60x120, hygiène ou standard, en acoustique ... Je fais chaque pièce consciencieusement. Tiens, tout ça me rappelle le collège, quand on coloriait la Russie pour je-ne-sais-plus quoi. J'avais des grandes surfaces à colorier, c'était dur de faire quelque chose de joli, sans qu'on voit les traces de crayon.
C'est toujours aussi dur. Fichu local, c'est trop grand à colorier ! Allez, un petit coup dans l'autre sens ... Et un dernier en partant d'en bas ...
Voilà, c'est présentable, comme ça.
Tiens, il est 16h00 ! J'ai fais la moitié de la journée, j'ai le droit d'aller faire pipi. Pas trop vite, le pipi. Je vais en profiter pour bien me laver les mains. Et mettre de la crème, aussi ! Et me servir un verre d'eau, le médecin a dit qu'il fallait que je boive un peu plus. 5 minutes de passées.
Bon, il me reste quoi à faire, là ? Ha oui, les murs ! Allez, on va panacher. Feutre, c'est de la faïence, crayon de couleur, c'est de la peinture. Voyons l'avant-projet ... Tiens, Hervé n'a quasiment pas mis de peinture glycéro ... un sursaut écolo ? Une prise de conscience ? Finalement il n'est pas pollueur indécrottable ... Tu vas voir que si je lui en parle, il va me répondre qu'il a toujours fait comme ça !
Ha, Angèle revient de suivi de chantier ! Elle va se faire un thé. Je me lève et vais discuter avec elle pendant qu'elle se sert. Puis tiens ! Je vais me faire un thé, moi aussi ! Ca caille aujourd'hui ! 7 minutes de passées.
Il est 17h15. Mon thé à la menthe à mon bureau, je continue mon barbouillage. Yves arrive. On commence à papoter. Voilà que Pascal arrive, maintenant ! Il n'aurait pas pû venir m'occuper avant ???!!!! Ca fait 4h que je m'ennuie !!!!
18h. Ca y est, on y est. J'attends encore 5 minutes, histoire de ne pas être la première à partir. Cathy vient me dire au revoir. Ca y est, je peux commencer à fermer mon bureau. Je range mes crayons de couleur en arc-en-ciel en pensant à Cathy.
18h15. Je suis dans ma voiture... enfin... Des journée comme ça, c'est pire que quand t'as trop de boulot.
02 mars 2008
Le CDI le plus court de l'histoire de la boîte
On recrute souvent dans cette boîte. Non pas qu’on ait toujours plus de boulot, même si on en a beaucoup, mais curieusement, les jeunes ne restent jamais. Justement, en ce moment, le poste d’Ingénieur Thermicien est vacant, si ça intéresse quelqu’un …
En
Septembre de l’année dernière, un nouveau est arrivé, tout frais sorti de
l’école d’ingé. Sébastien. Très mince, sportif, bouclettes châtain
indomptables, Sébastien était particulièrement dynamique. Limite jeune chien
fou. Parfois, c’était même fatiguant, surtout pour Alix, insomniaque chronique
que les nuits fractionnées rendent souvent morose. Quand j’étais avec les
deux, j’avais l’impression d’avoir Jean-qui-rit à gauche et Jean-qui-pleure à
droite !
Hervé reçoit beaucoup de commerciaux qui l'emmènent au resto - "Moi aussi plus tard, je veux que les commerciaux m'emmènent au resto."
Hervé fait du suivi de chantier - "Moi aussi plus tard, je veux être souvent sur les routes pour faire du suivi de chantier."
Hervé a formé une jeune stagiaire l'été dernier - "Moi plus tard, je ne laisserai pas tomber mes stagiaires, je leur apprendrai plein de trucs !"
Hervé était le modèle de Sébastien. Pendant un mois et demi, j'ai entendu Sébastien s'extasier sur le boulot d'Hervé. J'avais parfois l'impression que mon collègue était un tout petit garçon :" Moi quand j'serai grand, j'serai pompier !" Enjoué, travailleur, au moins, on ne pouvait pas dire que Sébastien n'aimait pas son travail ! Et pourtant ... Au bout d'un moment, je n'ai plus entendu d'éloges sur Hervé et son boulot. Sur le coup, je n'ai pas fait plus attention que ça. Jusqu'au soir où Angèle, en passant, me dit : "Alors, il parait que tu n'auras bientôt plus de collègue ?" Les bruits courent vite dans les bureaux, alors imaginez, quand les bureaux sont petits ...
Sébastien a quitté la boîte fin décembre, après environ 4 mois de contrat. Il a dit à Pascal que le travail ne lui plaisait pas, qu'il voulait bosser dans l'industrie. Personne ne comprendra jamais ce qui s'est réellement passé dans sa tête.


