Les chroniques quasi-quotidiennes d'une technicienne d'études

Comment bosser dans un milieu d'hommes sans perdre la boule ...

12 avril 2008

L'auteure ...

A ma demande, l'une de mes collègues (enfin, ex-collègues) a préparé un petit portrait de votre serviteur (serviteuse). J'ai vu qu'elle l'avait posté en commentaire, mais je vous le publie ici :

"Parlons un peu de Ludi !!
Ludi: 28 ans, mariée avec un gland de France Telecom (d'après Robert!), elle a une magnifique belle petite fille, qui j'espère sera mieux se tenir que sa mère !!
Car ludi n'arrête pas de raconter des conneries a longueur de journée !! c'est une fille excellente qui me manque pas mal !! (avec l'autre saucisse de Alix bien sur- yen a pas une sans l'autre !!!) Elle est super cool, toujours de bonne humeur !! son problème ? les tocs !! ne dérangez surtout pas ses stabilos !!! et surtout ne critiquez pas son chat sans poil sinon vous êtes foutu !!!
bisou bisou !!"

Merci Cathy !

drevil_bigglesworth4b

Posté par Zabriskies à 20:58 - Portrait - Commentaires [3] - Permalien [#]

07 avril 2008

Jo le bourrin

Robert a une capacité étonnante à ignorer totalement les personnes qui ne l’intéressent pas. Souvent, lorsqu’il arrive au bureau, il dit bonjour aux premières personnes qu’il croise, jusqu’à Angèle, puis reste avec sa protégée une bonne heure à discuter dossiers. Une fois le débriefing fait, il va un peu plus loin dans le bureau pour saluer Hervé et Yves. Un jour sur deux, ça doit être son jour de sport, il va jusqu’au bout du bureau et vient me dire bonjour. Enfin, dire bonjour, presque ! En fait, il me tend la main sans rien dire, la serre, puis s’en va. Il paraît qu’il fait pareil à Alix, il lui sert la main sans même la regarder,  parfois même en discutant avec quelqu’un d’autre.

Récemment, j’avais trouvé un nouveau jeu : Je faisais comme lui : Je tendais la main sans quitter mon écran des yeux. C’était très drôle. Il a dû remarquer la différence car rapidement il s’est mis à prononcer le mot « bonjour » tous les matins. Fière de mon résultat, j’ai décidé de « lever la punition » et de recommencer à parler, moi aussi.

Mais chez le bourrin âgé, si vous chassez le naturel, il revient au galop ! Un matin, il a commencé son tour à 9h30. A 10h, alors que j’étais sur le poste Internet à envoyer un mail, il arrive derrière moi et me dit :  « T’en as pour longtemps ? ». Ni bonjour, ni merde. J’ai décidé d’appliquer à nouveau ma punition, mais plus longtemps cette fois !

Mr_malpoli

 

Posté par Zabriskies à 22:03 - Portrait - Commentaires [1] - Permalien [#]

20 mars 2008

Le traceur

Ne croyez pas que le travail dans un bureau soit toujours calme et sans contraintes. Certes, le technicien d’études ne passe pas ses journées dans les bouchons, sur un escabeau, sur un transpalette ou dans un baudrier sur une toiture, mais ses risques d’accidents du travail, et surtout de crises de nerf, restent élevés.

On va oublier pour l’instant les entailles de doigts à grand coup de feuilles blanches et les piercings involontaires à l’agrafeuse grand format, pour aborder un sujet plus grave : L’impression de documents.

J’ai commencé à comprendre la réalité du problème il y a quelques années, alors que j’effectuais une mission d’assistante pour de la frappe de documents : Imprimantes, photocopieuses et autres cracheurs de feuilles noircies d’encre sont de véritables ennemies !

A la boîte, la photocopieuse a été changé peu de temps après mon arrivée. La précédente était une spécialiste du bourrage papier. Une fois par semaine, l’alerte bourrage retentissait jusque dans mes oreilles, à l’autre bout des locaux, suivie par des « schlang », « scrach » du pauvre « entarté » de la photocopieuse qui tentait vainement de récupérer le document original. La nouvelle photocopieuse ne fait pas beaucoup mieux. D’ailleurs, le mythique « Monsieur qui vient réparer la photocopieuse » commence à prendre ses marques dans nos locaux. Je reconnaîtrais sa silhouette entre mille, costume sombre, courbé au-dessus de la bête indomptable ! Quand je vois le nombre de fois où la photocopieuse est en rideau et que je compare à mes arrêts maladies, je me dis que Pascal est gonflé de râler quand je m’absente pour une gastro. D’autant que moi, quand je suis malade, c’est pas la boîte qui paie le docteur !

C’est la raison pour laquelle j’évite soigneusement la photocopieuse. Je suis sûre qu’elle sent l’odeur du technicien stressé par la forte probabilité de perdre une bonne heure pour 3 copies. Au passage, cela explique pourquoi le technicien, alors qu’il bouge assez peu de sa chaise, a souvent des auréoles sous les bras.

Après la photocopieuse bourreuse de papier vient l’imprimante joueuse. Celle-ci a été changée récemment car son dernier truc était de jeter les feuilles imprimées à l’autre bout de la pièce. On aurait dit un de ces appareils qui crachent les balles sur les courts de tennis. C’était d’autant plus gênant que cette imprimante était installée dans l’Open Space, juste à côté de mon bureau. C’était presque si je ne sentais pas les courants d’air à chaque lancé de feuille.

Mais le pire ennemi du technicien, loin devant les photocopieuses et imprimantes (petites joueuses !), c’est :

LE TRACEUR. Le traceur est une ENORME imprimante. 1,70m de large, 1,1m de haut. Dans cet engin du diable, on ne met pas des feuilles, on met un rouleau entier de papier. Largeur du rouleau : 914 cm. Le changement de rouleau est LE moment de sport hebdomadaire pour le technicien.

Lorsque je suis arrivée à la boîte, il y avait un vieux traceur d’une bonne dizaine d’années, réparé déjà un nombre incalculable de fois. Le dernier drame en date a été sa grosse panne, justement la semaine où j’avais 23 plans à imprimer en 4 exemplaires chacun. Ca a commencé avec des claquements à chaque retour des têtes d’impression. Ensuite, le bruit s’est amplifié, amplifié, jusqu’au moment où … « CLAAAAAC » !!!

Yves (tournevis en mains) :  « P’tain, c’est le bordel ! Faut y arrêter avec ce traceur ! A chaque fois on le répare, ça nous coûte les yeux de la tête, et ça claque ailleurs un an plus tard. »

Moi : « Je vous avais bien dit qu’il allait pèter, ce machin ! Ca fait 3 mois que je vous dis qu’il faut le changer AVANT ce dossier. »

Ouverture du capot, dévissage, lampe de poche et observation par le réparateur en herbe.

Yves : «  C’est un pignon. Il a du s’user en même temps que la courroie qu’on a changé l’année dernière. Cette fois c’est pas la peine de réparer, on ne trouvera plus les pièces. »

Moi (intérieurement « Ouaiiiis ! On va enfin virer ce vieux machin merdique ! »  ) : «  Pffff… va falloir changer alors. »

Yves : « Oui, on a plus le choix. »

Moi (intérieurement : « Ouuuuiiiii ! Youpiiiii ! C’est la fêteeeeuh ! ») : « Ben on va changer alors … tant pis. »

Une semaine plus tard, mon nouvel ennemi arrive. Encore plus gros que le précédent, il dépasse de son emplacement et gène l’accès au bureau de Hervé et Yves. Ravie de mon nouveau jouet, je finis enfin d’imprimer mes 92 plans.

La prochaine fois que je m’emballe pour un nouvel outil de travail, rappelez-moi l’épisode du nouveau traceur ! Il y a eu l’impression vitesse lente (un plan, 20 minutes), l’impression monochrome ( d’immenses bandes moires au milieu de mes plans), la tête d’impression qui lâche au bout de 9 mois, et j’attends les prochaines crasses que cette teigne de traceur va me faire dans les prochaines années.

500designjet

Posté par Zabriskies à 12:49 - Portrait - Commentaires [2] - Permalien [#]

19 février 2008

La présentation

Un petit bureau d'études bâtiment sans prétention dans une jolie ville de la Haute-Savoie... Des employés parfois caricaturaux... voilà mes journées au boulot !

Les patrons :

- Robert : Robert est un cador. Il sait tout, comprend tout, parle fort et rit gras. Il roule dans une énorme BMW qu'il n'arrive pas à garer sur une place sans dépasser à côté. Ses pantalons sont toujours trop courts et ses vieilles vestes en pied de poule marron feraient peur à mon grand-père. La 50aine, il a une petite fille gentille et timide d'une dizaine d'années qui vient parfois nous voir après ses cours. Sa femme ? Je sais qu'il en a une, en général on la voit une fois par an, en début d'année.

- Pascal : Beau gosse, charismatique, Pascal a le même âge que Robert. Divorcé, père de 2 filles, il a de sérieux problèmes avec les femmes en général. D'ailleurs, il vouvoie toutes les femmes du bureau, sauf sa favorite. Sportif parce qu'obsédé par son physique, quasiment aussi prétentieux que Robert, il a aussi tendance à se mêler de tout et à écraser les gens : Ne prenez pas de congé pour un enfant malade, il va refaire le diagnostic du pédiatre !

- Hervé: Parfois je me demande si Hervé est vraiment un patron. Hervé pourrait presque être l'amuseur du bureau : Jeux de mots approximatifs, calembours tirés par les cheveux, vannes à deux balles, j'ai percé le secret de sa bonne humeur perpétuelle : En déplacement, il écoute Nostalgie en boucle ! A côté de ça, il est le spécialiste du boulot urgent au dernier moment. Dernier en date : Un dossier qu'il me confie. Je lui demande pour quand il est à rendre, et il me répond : "On aurait déjà dû le présenter". Il a 40 ans, a une femme et une fille de 14 ans, il est bien habillé (grâce à sa femme !) bien qu'assez classique. Son signe particulier : Un estomac sur pattes !

Les anciens :

- Yves: 20 ans de boîte, le Yves ! 50 ans, célibataire, Yves vit avec sa soeur. Il est le spécialiste de la mauvaise humeur du lundi matin (et parfois de la moitié de la semaine), des coups bas sur les plus faibles que lui, des crises de colère aux raisons pas toujours compréhensibles. Par contre, c'est un pro de l'électricité général et des courants faibles. Parfois, quand il parle technique, on ne comprend pas ce qu'il dit ...

- Chantal : 39 ans, dans la boîte depuis environ 10 ans, Chantal est l'agent double.  Très proche des patrons, et surtout de Pascal, elle a un fonctionnement binaire : Quelques mois anti-patrons, quelques mois pro-patrons. Il faut dire qu'elle s'entend particulièrement bien avec Pascal ... C'est d'ailleurs la seul qu'il tutoie ... A une période, ces deux-là étaient tellement proches qu'une chaise pour deux aurait suffit ! Elle s'occupe de la comptabilité de la boîte.

- Alix : Après Chantal, c'est la plus ancienne. Elle est là depuis 5 ans. La trentaine, mariée, Alix est râleuse-née. Et pour cause : En fait, faire la secrétaire, elle n'aime pas. Ca aide pas à être de bonne humeur tous les matins ! A côté de ça, elle est d'une telle gentillesse qu'elle se laisserait bouffer (et encore, elle commence à sortir les crocs). Elle vient de changer de voiture, avant on l'entendait arriver depuis le début du parking, quand elle arrivait à démarrer. Maintenant, avec sa voiture récente, elle devrait arriver à l'heure le matin ... ben non. Dernière excuse en date : "J'arrivais pas à dégivrer la voiture". J'ai adoré.

Les p'tits jeunôts :

- Angèle: Quel âge elle a, déjà ? 25 ans, je crois. Angèle est une jeune ingénieur arrivée l'année dernière, en remplacement d'un autre jeune ingénieur que Robert avait licencié. On ne la voit pas hyper souvent car elle fait du suivi de chantier. Mais quand elle est là, on le sait ! Angèle croit que tous ses collègues sont ses assistants. Elle dérange, ne range pas, demande sans formule de politesse et se permet des réflexions comme si elle avait déjà pris la suite de Robert. Car c'est visiblement sa cible, et Robert voit déjà en elle l'avenir de la boîte. La preuve : Elle est la seule à qui Robert dit bonjour poliment.

- Fred : Y'en aurait à dire, sur Fred ! 30 ans, arrivé dans la boîte un mois après Angèle, Fred remplace un jeune Technicien qui a démissionné en début d'année dernière. Il est très drôle, bien qu'un peu lourd parfois et assez conventionnel. Signe caractéristique : Ne supporte pas le café, donc fait sa pause avec une jolie tasse de thé.

- Catherine: Fraîchement sortie de l'école, Cathy est arrivée il y a 6 mois environ et tient de rôle de secrétaire. Discrète, mais avec un bon sens de l'humour, elle vient régulièrement me voir, quand Robert la saoule, ce qui est très fréquent. Ses jupes et ses bottes ont la capacité de faire tourner la tête de Yves, ce qui est un sacré bon point, car dans ce cas, le vieux garçon finit par se dérider.

- Moi : Ludi. 28 ans, technicienne d'études, mariée, 1 enfant. Je travaille avec Yves et Hervé et je vais vous raconter ce qui pimente ma vie d'employée.

Posté par Zabriskies à 13:38 - Portrait - Commentaires [5] - Permalien [#]



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